• Edito

     Edito 15 du 11 mars 2019

    Qu’en restera-t-il dans 20, 30 ou 100 ans ?

     

    Les effets de notre métier de conseiller.ère en organisation s’apparentent au mythe de l’éternel retour1. N’existe-t-il pas des cycles dans l’histoire de nos organisations ? Que reste-t-il des actions de nos prédécesseurs, ingénieurs méthodes et autres psycho-sociologues, adeptes des cercles de qualité, des audits ou des groupes de parole. N’ont-ils pas privilégié l’immédiateté au détriment du temps long ?

    Il me semble que la problématique de fond de notre métier ne concerne pas la méthode (design de service, co-quelque chose…) mais bien la capitalisation et la continuité. Qu’intégrons-nous dans nos processus pour que leurs effets positifs sur les acteurs perdurent au-delà des changements de pilotes (stratégiques ou politiques) ? Et comment ancrer une approche d’ouverture, un état d’esprit de tolérance, une créativité permanente dans les structures profondes de nos collectivités ?

    Il a beaucoup été question lors des rencontres 2018 des conseiller.ère.s en organisation de la notion de sens. Le sens, dans nos organisations, est-il par essence, impermanent ou inaltérable ? Un des intervenants a dit, me semble-t-il avec beaucoup de justesse que nous pouvons accompagner le public à grandir s’il y a une conjonction de maturité des décideurs (politiques et DGS) avec de vraies valeurs démocratiques et le fait d’être persuadé (individuellement et collectivement) que l’autre est intelligent.

    Peut-être est-ce cette coloration humaniste de nos interventions qui traversera le temps.

    @dishatz

     

    Patrick GIBEAUD,

    Secrétaire de l’andCO 

    [1] Mircéa Eliade - Le Mythe de l'éternel retour. Archétypes et répétition, traduit du roumain par Jean Gouillard et Jacques Soucasse, Paris, Gallimard, « Les Essais », 1949 ; nouvelle édition revue et augmentée, « Idées », 1969